19/04/2018

La théorie de l'équilibre général, un ouvrage de Claire Pignol

L’analyse économique contemporaine repose en grande partie sur les apports de la théorie de l’équilibre général, selon laquelle la coordination des actions individuelles par le mécanisme de marché est le processus le plus efficace pour allouer des ressources, et pour inciter à produire et à consommer en fonction des prix. Le petit livre de Claire Pignol opère un travail salutaire de clarification d’un corpus insuffisamment questionné. Il était en effet urgent de se pencher réellement et sérieusement sur l’ensemble des hypothèses formulées par les tenants de la théorie de l’équilibre général, depuis Léon Walras à la fin du XIXe siècle, tant elles paraissent contre-intuitives. Claire Pignol montre bien qu’il s’agit de «  théorie  », qu’il faut en discuter la démarche épistémologique particulière et que ses conséquences philosophiques doivent être approfondies. (...)

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://journals.openedition.org/lectures/24600

Un livre de 131 pages paru aux Presses universitaires du Septentrion

10:25 Écrit par Guillaume ARNOULD dans Economie, Histoire, Lectures |  Facebook | | |

04/02/2018

Les économistes et la fin des énergies fossiles (1865-1931), un ouvrage d'Antoine Missemer

Dans l’ouvrage d’Antoine Missemer, se croisent l’histoire de la pensée économique, l’analyse économique de l’environnement et globalement l’ensemble des sciences qui ont cherché à comprendre, à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, l’impact du charbon puis du pétrole sur les dynamiques de création de richesses. L’auteur est spécialiste de l’histoire de l’économie de l’environnement et des ressources naturelles et cet ouvrage est issu de sa thèse de doctorat. C’est un livre stimulant, agréable à lire, qui nous guide dans un voyage dans le temps à travers la pensée économique sur un sujet dont l’actualité est devenue particulièrement préoccupante depuis le début de XXIe siècle. (...)

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : http://journals.openedition.org/lectures/24134

Un livre de 225 pages publié en Classiques Garnier.

11:56 Écrit par Guillaume ARNOULD dans Economie, Géopolitique, Histoire, Lectures |  Facebook | | |

13/11/2017

Evidence-based policy making in the social sciences. Methods that matter, un ouvrage dirigé par Gerry Stoker & Mark Evans

Comprendre et expliquer les phénomènes sociaux repose sur la qualité de la preuve des arguments avancés et constitue le quotidien de l’enseignant-e chercheur-euse face à ses hypothèses et ses conclusions. C’est également le fondement d’un pan entier de l’évaluation des politiques publiques1, dont les méthodologies et les enjeux sont étudiés principalement en sciences politiques2. Dans ce contexte, cet ouvrage se penche sur les approches dites « evidence-based » (fondées sur des données probantes) popularisées dans le domaine médical depuis les années 19903. La démarche « evidence-based » visait dès l’origine à apprécier la capacité d’un médicament à améliorer la situation des patients traités en comparant l’évolution de leur santé avec d’autres patients non traités. Tous les patients sont sélectionnés de manière aléatoire et ne savent pas s’ils bénéficient du nouveau traitement ou d’un placebo. Cette méthodologie s’est progressivement étendue à d’autres champs scientifiques, en particulier dans les sciences sociales, comme l’illustrent par exemple les travaux publiés par Banerjee et Duflo en économie du développement4. Dépassant les débats théoriques sur la lutte contre la pauvreté des pays moins avancés, les auteurs cherchent de manière très pragmatique « ce qui marche » pour améliorer la situation des habitants de nations en développement (ex : faut-il donner ou vendre des moustiquaires pour protéger contre les épidémies ? Comment inciter les jeunes à aller à l’école et leurs professeurs à y être présents ? Dans quelles conditions favoriser le micro-crédit ?...). Les approches « evidence-based » semblent toutefois incarner une forme de scientisme, une technique pure et dépolitisée... que le livre de Stoker et Evans vient questionner en présentant une des premières synthèses académique sur le sujet (en attendant une publication francophone). (...)

1 Selon le décret du 18 novembre 1998, il s’agit « d'apprécier, dans un cadre interministériel, l'efficacité de cette politique en comparant ses résultats aux objectifs assignés et aux moyens mis en œuvre ».

2 Bernard Perret, Évaluer les politiques publiques, Paris, La Découverte, 2008.

3 Sur ce sujet, voir Miriam Salomon, Making Medical Knowledge, Oxford, Oxford University Press, 2015, compte rendu de Clément Dréano pour Lectures : https://lectures.revues.org/20270.

4 Abhijit V. Banerjee, Esther Duflo, Repenser la pauvreté, Paris, Seuil, 2012, compte rendu de Camille Sutter pour Lectures : https://lectures.revues.org/8284.

 

La suite du compte rendu sur le site de la revue électronique Lectures : https://lectures.revues.org/23784

Un livre de 312 pages paru chez Policy Press.

11:31 Écrit par Guillaume ARNOULD dans Actualité, Economie, Histoire, Idées politiques, Lectures, Sociologie |  Facebook | | |