26/06/2012

Les hétérodoxes : Veblen, Schumpeter, Galbraith & Hirschman

Hétérodoxe : « qui s’écarte de la doctrine reçue, qui n’est pas orthodoxe, conformiste ».

Regroupe des auteurs dont les théories s’écartent du paradigme dominant : l’économie néo-classique. Pour Klamer (1983) ce sont les « non-orthodoxes », les opposants.

Gélédan (1988) estime qu’on peut regrouper ces penseurs dans une analyse commune pour deux raisons : d’une part, ils étudient des champs négligés par les économistes orthodoxes ; d’autre part, ils ont des démarches pluridisciplinaires.

Les hétérodoxies ont plusieurs traits communs :

- L’économie appartient au système socioculturel

- Les institutions sont les clés de la vie économique

- Le pouvoir et les conflits jouent un rôle économique essentiel

- Le développement économique suit une dynamique historique

- Les inégalités de développement et de répartition sont cruciales

- La méthodologie doit privilégier le réalisme et la pertinence (pas la rigueur formelle)

Aujourd’hui ce courant regroupe l’ensemble des approches critiques : marxiste, keynésienne, régulationniste, conventionnaliste, évolutionniste … (Voir les travaux du Matisse, Paris 1 ou du Clersé, Lille 1). Dans le vocabulaire anglo-saxon on parle d’économie « radicale ».

Q : l’hétérodoxie permet de dépasser ou de repenser l’économie néo-classique ?

 

I] Thorstein Veblen (1857-1929)

Economiste d’origine norvégienne dont la carrière universitaire débute assez tard mais sera prestigieuse : Chicago, Stanford …

 

  • Une économie institutionnaliste

Il critique fortement la méthodologie orthodoxe : c’est lui qui invente le terme néoclassique.

L’homo economicus et l’équilibre sont pour lui, des notions trop abstraites et désocialisées. Il faut prendre en compte le phénomène de l’évolution économique.

Veblen considère qu’il faut fonder l’économie sur les institutions càd les habitudes mentales répandues dans un groupe social. C’est un fondateur de l’école institutionnaliste.

Veblen (1921) montre par exemple que le fonctionnement d’une entreprise découle d’une opposition de vues entre ingénieurs et financiers. Entrepreneurs / technocrates.

Le système des prix est une conséquence de la lutte de pouvoir entre ces acteurs.

Veblen (1914) oppose, en effet, les instincts ouvriers (travail bien fait) qui sont bénéfiques socialement et les instincts prédateurs (rivalité).

 

  • Théorie de la consommation

Veblen (1899) étudie la consommation et constate que ce n’est pas l’utilité du bien qui guide l’action mais sa visibilité sociale. C’est la consommation ostentatoire.

Les biens sont consommés de manière à afficher un statut social. La consommation est donc une institution qui consiste à comparer en permanence les biens des autres et entraîne une lutte sociale. Ex : raffinement des modes, loisir féminin … C’est le propre de la classe de loisir : retarder l’adaptation de la nature humaine à la société industrielle.

Conséquence de l’effet Veblen : la baisse de prix d’un bien en réduit la consommation.

 

II] Joseph Schumpeter (1883-1950)

Economiste d’origine autrichienne, professeur, éphémère ministre des finances, puis dirigeant d’une banque, avant de s’expatrier aux USA où il fera carrière à Harvard.

Schumpeter combine analyse économique, sociologique ou historique pour comprendre les phénomènes économiques. En effet, les modèles de base ne permettent pas de comprendre les crises ou la croissance.

 

  • Entrepreneur, innovation et cycles

Schumpeter (1911) montre le rôle primordial de l’entrepreneur dans le processus d’innovation

Le capitalisme évolue sous l’impulsion des entrepreneurs/innovateurs qui cherchent de nouvelles sources de profit et vont donc tenter de modifier à leur avantage la production ou la distribution des biens sur les marchés. L’innovation permet de réduire la concurrence et d’être en situation de monopole.

Dès lors, les entrepreneurs vont favoriser la dynamique du capitalisme : ils sollicitent des prêts, ils recrutent, ils distribuent des revenus …

Schumpeter (1939) généralise son analyse aux cycles d’affaires et constate que ce processus d’innovation est à l’origine des phases de croissance et de récession de l’économie.

L’innovation est facteur de destruction créatrice : les biens et les services dépassés doivent disparaître pour laisser place aux nouveautés, ce qui implique un enchaînement entre prospérité et dépression. Par ailleurs, les innovations sont cumulatives : ce sont des grappes qui sont complémentaires et rendent irréversible l’évolution économique.

 

  • Théorie du capitalisme

Schumpeter (1942) considère que l’évolution du capitalisme est modifiée par le processus de rationalisation économique.

L’innovation est remplacée par la bureaucratie, car elle est nécessairement instable socialement, d’où une évolution inévitable vers le socialisme.

Schumpeter a également développé une analyse sociologique des phénomènes économiques tels que les classes sociales, l’impérialisme ou la fiscalité : ce sont des logiques de domination économiques historiques qui cherchent à contourner la difficulté d’innover qui est la seule source de l’évolution économique.

Enfin Schumpeter a réalisé un travail d’histoire de la pensée économique, publié après sa mort qui cherchait à étudier à la fois les analyses dominantes et hétérodoxes.

 

III] John Kenneth Galbraith (1908-2006)

Economiste d’origine canadienne. Engagé politiquement auprès des administrations démocrates.

Economiste agricole de formation, grand vulgarisateur et partisan de l’économie littéraire.

Volonté forte d’étudier l’économie concrète (et non formelle).

 

  • Les structures de l’économie

Galbraith (1967) étudie la concurrence imparfaite et les oligopoles. Il montre que la domination des marchés par les grandes entreprises leur permet de déterminer les quantités à produire ainsi que leurs prix. C’est la filière inversée.

Galbraith considère que cela découle du pouvoir de la technostructure : ce sont les cadres dirigeants de l’entreprise, les techniciens qui détiennent le pouvoir dans l’entreprise.

Ex : le complexe militaro-industriel aux Etats Unis

Pour Galbraith (1952) il faut donc que le capitalisme soit contre balancé par des pouvoirs compensateurs : des institutions et des groupes de pression qui puissent faire face aux grandes firmes. Ex : le mouvement consumériste aux Etats Unis

Dès lors, Galbraith (1973) analyse la dichotomie du système productif : il y a coexistence entre des petites entreprises en situation de concurrence et des grandes firmes sous forme de cartels qui peuvent dégager des économies d’échelle. Les grandes entreprises maîtrisent les technologies complexes et peuvent offrir des conditions matérielles plus favorables à leurs salariés.

 

  • Une approche historique

Galbraith (1958) considère que l’augmentation du bien être social ne permettra un recul de la pauvreté qu’à la condition de fournir des services collectifs. L’accumulation de biens et de services privés n’est pas un signe de richesse réelle.

Galbraith (1955) étudie la crise de 1929 dans une logique historique et en fait apparaître les enchaînements négatifs : euphorie, spéculation, réduction d’impôts et innovations financières.

Dans la même logique, Galbraith (1975) analyse la monnaie et montre que le phénomène de l’inflation lui est inhérent : c’est autant un mécanisme social que monétaire.

Enfin, comme Schumpeter, Galbraith a publié de nombreux ouvrages d’histoire économique où il combine pensée et faits pour illustrer des phénomènes variés : guerre, développement …

 

IV] Albert Hirschman

Economiste d’origine allemande (né en 1915). Engagement politique fort pendant la guerre.

Economiste du développement, praticien du développement. Il part de sa spécialité pour élaborer une théorie hétérodoxe de l’économie car l’approche néo-classique n’est pas suffisante pour comprendre les échecs des politiques mises en œuvre.

 

  • Défection et prise de parole

Hirschman (1970) considère que l’économie peut se concevoir à travers des stratégies de prise de parole des acteurs : trois choix sont envisageables. Exit : quitter, voice : se faire entendre ou loyalty : accepter les règles. Toutes les institutions de l’économie hésitent entre défection et prise de parole, cela découle de rapports de force sociaux et politiques.

 

  • L’idéologie économique

Hirschman (1977) étudie alors la naissance de l’esprit du capitalisme et montre que son apparition n’est pas un mécanisme linéaire. Elle découle au contraire de rapports sociaux et économiques qui mêlent passions et intérêts : le capitalisme n’est pas un projet porté de manière intentionnelle.

Enfin Hirschman (1991) généralise son approche en analysant la résistance à l’idée de progrès

L’opposition entre conservateurs et progressistes n’est pas simplement idéologique ou politique, elle résulte d’une confrontation rhétorique entre les deux camps. Les conservateurs mettent ainsi en avant les conséquences des changements sociaux (ex : effet pervers) alors que les progressistes cherchent à rendre inévitable le changement (ex : sens de l’histoire). Le rôle des discours est donc essentiel pour comprendre l’avènement des croyances collectives.

 

Conclusion :

Recherches qui permettent de relativiser la simplicité des postulats néo-classiques.

Mais la diversité des approches rend l’alternative improbable.

 

Références :

GALBRAITH, John Kenneth : Le capitalisme américain Le concept de pouvoir compensateur, Génin, 1952

GALBRAITH, John Kenneth : La crise économique de 1929, Payot, 1955

GALBRAITH, John Kenneth : L’ère de l’opulence, Calmann-Levy, 1958

GALBRAITH, John Kenneth : Le nouvel état industriel, Gallimard, 1967

GALBRAITH, John Kenneth : La science économique et l’intérêt général, Gallimard, 1973

GALBRAITH, John Kenneth : L’argent, Gallimard, 1975

GELEDAN, Alain : Qu’est-ce que l’hétérodoxie ?, in Histoire des pensées économiques Les contemporains, Sirey, 1988

HIRSCHMAN, Albert : Défection et prise de parole, Fayard, 1970

HIRSCHMAN, Albert : Les passions et les intérêts, Puf, 1977

HIRSCHMAN, Albert : Deux siècles de rhétorique réactionnaire, Fayard, 1991

KLAMER, Arjo : Entretiens avec des économistes américains, Seuil, 1983

SCHUMPETER, Joseph : Théorie de l’évolution économique, Dalloz, 1911

SCHUMPETER, Joseph : Business cycles, Martino, 1939

SCHUMPETER, Joseph : Capitalisme, socialisme et démocratie, Payot, 1942

SCHUMPETER, Joseph : Impérialisme et classes sociales, Flammarion, 1951

SCHUMPETER, Joseph : Histoire de l’analyse économique, Gallimard, 1954

VEBLEN, Thorstein : Théorie de la classe de loisir, Gallimard, 1899

VEBLEN, Thorstein : The instinct of workmanship and the state of the industrial arts, Cosimo, 1914

VEBLEN, Thorstein : Les ingénieurs et le système des prix, in Les ingénieurs et le capitalisme, Gordon & Breach, 1921

20:59 Écrit par Guillaume ARNOULD dans Economie, Histoire |  Facebook | | |

Les trente glorieuses : l'âge d'or de la croissance

  • Conséquences de la deuxième guerre mondiale

- plusieurs millions de morts

- niveaux de production affectés par le conflit (ex : Japon ou Allemagne)

- nouvel équilibre des puissances politiques : USA et URSS

- le rideau de fer isole les pays de l’est de l’Europe

- émergence du Tiers Monde

- plan Marshall : investissement sous forme de dons dans les pays européens

- début de regroupements européen : Benelux

L’après guerre est donc différencié pour trois grands types de pays : les pays capitalistes, les pays communistes et les pays du Tiers monde.

Etude portant sur les capitalistes.

 

  • Période de grande expansion des économies occidentales de 1945 à 1973, Maddison (1995)

- la croissance s’accélère : taux moyen annuel 1870-1913 = 2,5 ; 1950-1970 = 4,9

- le niveau de vie s’améliore : de nouveaux biens sont produits

- le plein emploi se généralise

- la productivité augmente fortement

Plusieurs facteurs de la croissance sont mis en avant, Crafts & Toniolo (1996) :

- l’augmentation de la population active : baby boom et immigration

- l’amélioration des qualifications

- les transferts de main d’œuvre entre secteurs économiques

- les investissements

- le progrès technique : industrie spatiale, électronique, pétrochimie, pharmacie …

Cette expansion peut s’expliquer par plusieurs dynamiques :

- la reconstruction initie la croissance, Temin (2002) pour l’Europe

- l’Etat joue un grand rôle d’impulsion

- la production et la consommation de masse

- l’ouverture internationale

Q : pourquoi les trente glorieuses sont-elles une période exceptionnelle de l’histoire économique ?

 

 

I] Le nouvel ordre économique international

Les trente glorieuses sont marquées par la domination des Etats Unis et la création d’un cadre institutionnel reposant sur trois piliers :

 

  • La finance et le commerce

Les accords de Bretton Woods : la Finance

La stabilité des échanges internationaux qui reprennent après la guerre et le protectionnisme rend nécessaire la création d’un nouveau système monétaire international.

Bien que Keynes ait proposé la création d’une banque centrale internationale et une nouvelle monnaie mondiale (le bancor), les USA adoptent un système qui leur est plus favorable.

Le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (Banque Mondiale) sont créés pour financer les pays connaissant des crises de change ou les pays en développement.

Le dollar est la monnaie dominante : c’est la seule à être convertible en or, elle devient l’étalon mondial. La parité des autres devises est définie par rapport au dollar et à l’or.

Les pays s’engagent à défendre leurs parités.

Mais ce système comporte une contradiction interne : il faut que la quantité de dollar soit stable pour maintenir les parités ; il faut beaucoup de dollars pour favoriser les échanges.

Les accords du GATT : le commerce

La conférence de la Havane (1947) prévoit d’instaurer le libre échange à l’échelle mondiale.

Seul le General Agreement on Tarifs and Trade sera ratifié : il prévoit une réduction des droits de douane et des barrières aux échanges.

Le commerce international repose sur la loyauté des échanges (multilatéralisme) et la libéralisation.

 

  • L’intégration européenne

Le plan Marshall donne une impulsion décisive au processus de rapprochement économique des nations européennes.

La Communauté Européenne pour le Charbon et l’Acier (CECA) est créée en 1951 : coopération entre l’Allemagne et la France dans le domaine industriel.

Le Traité de Rome est signé en 1957 : il crée la CEE et la CEEA (énergie atomique) entre le Benelux, la France, l’Allemagne et l’Italie. Une union douanière est établie avec liberté de mouvement des facteurs de production (travail et capital) garantie par des institutions.

L’Association Européenne de Libre Echange (AELE) est instaurée par les pays rejetant la CEE : Angleterre, Danemark, Norvège, Suède, Autriche, Suisse et Portugal. Raison essentielle : l’appartenance au Commonwealth. Mais sa diminution progressive favorise la convergence entre AELE et CEE.

Succès de l’Europe = institutionnel, Eichengreen (2006). Combinaison entre des syndicats orientés vers la solidarité, des employeurs cherchant la cohésion, la compétition et des gouvernements en quête de croissance. Parfaitement adapté à l’ « âge d’or ».

 

II] La dynamique économique

 

  • Un nouveau mode de régulation du capitalisme

Pour l’école de la Régulation, Boyer (2004) ce régime s’appelle le fordisme : production de masse standardisée, consommation de masse, extension du salariat et hausse du pouvoir d’achat. C’est essentiellement un capitalisme monopoliste :

- le salaire individuel est déterminé dans un cadre collectif

- le capital est concentré au sein de grandes firmes multinationales oligopolistiques

- l’Etat joue un rôle d’impulsion économique

L’enchaînement économique vertueux des politiques économiques est décrit par Fourastié (1979) : l’association entre production et consommation de masse est favorisée par une demande effective forte et croissante. Cela favorise l’amélioration de la production.

Les gains de productivité qui en découlent permettent d’accroître le pouvoir d’achat des salariés ce qui favorise la consommation.

 

  • Des politiques économiques d’inspiration keynésienne

Les politiques budgétaires et monétaires visent à garantir le plein emploi, elles ont pour fonction de stabiliser l’économie. On parle de politiques de stop and go : alternance de relance et d’austérité en fonction des cycles économiques. (ex : USA)

Hall (1989) montre ainsi la diffusion de la pensée keynésienne dans les cercles de décision.

L’Etat met en œuvre des mesures de redistribution ou d’investissement public (ex : dépenses militaires). Le but est de stimuler la demande intérieure. Seulement les politiques économiques d’inspiration keynésienne sont accompagnées d’une accélération de l’inflation.

Les régimes de croissance sont très variés selon les zones : les USA dominent l’économie mais leur avance diminue (ex : productivité), l’Europe cherche à s’intégrer, le Japon amorce son décollage.

 

III] La dynamique mondiale

 

  • Un retour progressif vers le niveau d’échange de la première mondialisation.

Les Etats Unis alimentent d’importants mouvements de capitaux qui favorisent la reconstruction européenne. La croissance mondiale est forte, marquée par un quasi plein emploi et des tensions inflationnistes.

Le commerce mondial connaît un essor significatif : les échanges internationaux augmentent de manière spectaculaire (plus vite que la production). Les économies sont de plus en plus ouvertes : la triade USA / Europe / Japon fait son apparition. Le commerce mondial s’effectue entre pays développés.

Pour Vernon (1966) cela s’explique par la théorie du cycle de vie du produit. Un produit connaît quatre phases : introduction, croissance, diffusion et déclin. Les entreprises cherchent à vendre leurs produits dans différents pays pour compenser leur déclin.

Les firmes s’internationalisent de plus en plus : les investissements directs (implantations, rachats) augmentent fortement. Cela favorise les transferts de capitaux et de technologie. Cela favorise également la demande et les gains de productivité.

 

  • Une période caractérisée par une forte augmentation de la productivité

C’est un cercle vertueux : demande, investissement, productivité.

La croissance repose sur le progrès technique : l’augmentation du capital humain et les effets d’apprentissage (expérience) permettent à une main d’œuvre de plus en plus qualifiée d’utiliser au mieux le capital créé. Toniolo (1998) le montre pour l’Europe.

Les politiques keynésiennes impulsées par les Etats débouchent sur la création de l’Etat providence (assurance sociale) qui vise à protéger l’ensemble des individus contre des risques tels que la maladie, le chômage ou la vieillesse.

 

Conclusion :

Les trente glorieuses sont une période de rattrapage économique impressionnante à comparer avec la rupture de 1914.

La croissance économique comporte des déséquilibres de fond : le système monétaire et l’inflation.

 

Références :

BLANCHETON, Bertrand : Histoire de la mondialisation, De Boeck, 2008

BOYER, Robert : Théorie de la régulation, La Découverte, 2004

CRAFTS, Nicholas & TONIOLO, Gianni dir. : Economic growth in Europe since 1945, Cambridge University Press, 1996

EICHENGREEN, Barry : European economy since 1945, Princeton University Press, 2006

FOURASTIE, Jean : Les trente glorieuses, Fayard, 1979

HALL, Peter dir. : The political power of economic ideas Keynesianism across Nations, Princeton University Press, 1989

MADDISON, Angus : L’économie mondiale 1820-1992, OCDE, 1995

TEMIN, Peter : The golden age of european growth reconsidered, European Review of Economic History, 2002

THOMAS, Jean-Paul : Les politiques économiques au XXe siècle, Armand Colin, 1990

TONIOLO, Gianni : Europe’s golden age: speculations from a long run perspective, Economic History Review, 1998

VERNON, Raymond : International Investment and International Trade in the Product Cycle, Quarterly Journal of Economics, 1966

20:55 Écrit par Guillaume ARNOULD dans Economie, Histoire |  Facebook | | |

23/06/2012

Elinor Ostrom

Le décès de la chercheuse en sciences politiques et lauréate du prix de la Banque de Suède en la mémoire d'Alfred Nobel de 2009 nous privera des réflexions particulièrement intéressantes qu'elle a produit dans le domaine des "biens communs".

Alors que l'analyse économique avait surtout explicité les statut des biens privés ou publics, ces biens particuliers où l'utilisation exclusive n'est pas possible alors que la consommation simultanée existe (une zone de pêche par exemple) formaient une quasi-anomalie théorique. Seule la "tragédie des communs" permettait de les appréhender dans une optique environnementale et écologique : face au danger de surexploitation, il faut fixer des quotas.

Le tour de force d'Ostrom a été de focaliser sur les nombreuses organisations mises en place dans le monde pour gérer les biens communs. En mobilisant des études empiriques et des références théoriques, elle a montré la variété et l'ingéniosité des individus pour préserver leurs ressources. Son oeuvre maîtresse avait été traduite chez l'éditeur De Boeck : Gouvernance des biens communs et constitue une référence incontournable pour cerner ce domaine (en attendant la publication d'articles inédits au Presses du Septentrion).

Pour aller plus loin sur cette auteure, des lectures :

Tiré du blog du Monde Diplomatique Puces savantes http://blog.mondediplo.net/2012-06-15-Elinor-Ostrom-ou-la...

Tiré du site web du magazine Alternatives Economiques http://www.alternatives-economiques.fr/la-pensee-d-elinor...

Son intervention à une conférence au Corum de Montpellier http://www.agropolis.fr/actualites/2011-hommage-elinor-os...

23:31 Écrit par Guillaume ARNOULD dans Actualité, Economie, Géopolitique |  Facebook | | |