30/09/2012

Les débats de la microéconomie

Les concepts de la microéconomie ont été mis en valeur vers 1870. Trois auteurs en ont fondé les bases : Jevons, Menger & Walras. C’est la révolution marginaliste. Deux auteurs en ont généralisé l’approche et institutionnalisé l’enseignement : Marshall et Pareto.

La microéconomie repose donc sur quelques notions de fond :

  • L’utilité marginale décroissante : l’utilité de la dernière unité consommée diminue lorsque la consommation augmente.
  • La loi des rendements décroissants : à partir d’un certain niveau, la productivité d’un facteur diminue.
  • La loi de l’offre et de la demande : les prix sont fixés par un processus de tâtonnement jusqu’à atteindre l’équilibre. (C’est le commissaire priseur, la main invisible …).
  • L’analyse toutes choses égales par ailleurs (ceteris paribus) : on raisonne en équilibre partiel, on ne tient pas compte des interdépendances entre les différents biens.
  • L’optimum (de Pareto) : solution qui accroît la satisfaction d’un individu sans réduire celle d’un autre.

La microéconomie a ensuite bénéficié des apports de Hicks (1939) et Samuelson (1947) :

  • Les individus classent les paniers de biens par une relation de préférence.
  • Le taux marginal de substitution : il permet de mesurer la quantité d’un bien à laquelle un individu est prêt à renoncer pour obtenir plus d’un autre.
  • La statique comparative : on étudie deux situations, ex ante et ex post.

Puis Arrow & Debreu (1954) ont proposé le modèle microéconomique idéal : la concurrence parfaite qui repose sur plusieurs conditions :

  • L’atomicité de l’offre et de la demande
  • L’homogénéité des produits
  • La fluidité des facteurs
  • La transparence de l’information

Cette situation est idéale car aucun agent ne peut influencer le prix du marché (ils sont price taker). C’est Pareto-optimal.

Arrow & Debreu formulent une hypothèse très restrictive : l’existence d’un système complet de marché càd que tous les biens ont un prix et tous les agents connaissent le prix futur de tous les biens. Il n’y a donc aucune incertitude.

A travers l’étude de deux thèmes, l’approfondissement du modèle microéconomique et ses critiques ; nous essayerons de voir les tensions autour de la méthode de la microéconomie.

 

I] L’approfondissement du modèle microéconomique

  • Extension du modèle

Plusieurs auteurs ont appliqué l’analyse microéconomique au delà des marchés de biens et services.

L’impérialisme économique : Becker

Il met en valeur le calcul économique des agents qui investissent dans l’éducation et la formation : c’est un arbitrage entre le temps consacré, le coût de la formation et le revenu attendu. Becker parle du capital humain.

Becker utilise la même analyse pour de nombreux sujets : le mariage, la natalité, le crime … et a permis des apports essentiels : le temps a un coût d’opportunité (c’est un sacrifice), les goûts des agents sont produits socialement.

Le Public choice : Tullock & Buchanan

Ils considèrent que le monde politique fonctionne selon les règles du marché : les élus cherchent à maximiser leur utilité (càd être réélus) en donnant satisfaction à leurs électeurs.

Cette analyse s’étend à l’étude de la bureaucratie : le fonctionnaire cherche à maximiser son budget.

 

  • Réalisme du modèle

Comme les hypothèses de la concurrence parfaite sont très restrictives, plusieurs solutions alternatives ont été modélisées.

Les biens publics :

Comme certains biens ne sont pas rivaux, ils n’ont pas de prix de marché. C’est généralement l’Etat qui se substitue aux marchés pour le fournir.

Ex : la défense ou la justice

Les effets externes (externalités) :

Le coût ou le bénéfice des décisions des agents peut être supporté par d’autres individus. C’est généralement l’Etat qui intervient pour modifier les comportements.

Ex : la pollution ou l’éducation

La concurrence imparfaite (l’économie industrielle) :

Les marchés réels sont rarement concurrentiels car les conditions Arrow Debreu sont remises en cause.

L’Etat intervient généralement pour réglementer la concurrence.

Ex : l’atomicité / monopole, duopole ou oligopole

Ex : l’homogénéité / concurrence monopolistique

 

  • La nouvelle microéconomie

On regroupe sous cette terminologie plusieurs développements théoriques qui ont permis de repenser et de renforcer l’analyse microéconomique.

L’économie de l’information (théorie des contrats) :

Les agents sont dans des situations d’asymétrie d’information. On utilise le modèle agent / principal : un agent veut faire exécuter des tâches à un principal qui possède l’information.

On distingue deux cas de figure : l’aléa moral (tire au flanc, expert) et la sélection adverse (assurance, crédit, vente d’occasion).

La théorie des contrats propose deux solutions : le signal (diplôme ou garantie) et l’incitation (menu de contrats qui permettent de révéler l’information).

La théorie des jeux :

C’est une branche des mathématiques qui étudie les comportements stratégiques d’individus en interaction. Ex : le dilemme du prisonnier.

La théorie des jeux a permis de renouveler l’étude de la concurrence imparfaite.

Ex : le duopole Boeing / Airbus

Elle propose notamment comme solution l’équilibre de Nash : la meilleure stratégie en fonction du choix potentiel de l’autre individu.

La théorie des coûts de transaction :

Dans certains cas, il est plus efficace de faire appel à une organisation (hiérarchie) qu’au marché, car l’échange supporte des coûts : rédaction, exécution, opportunisme …

Ex : contrat de travail (nombreuses transactions)

Ex : logiciel (actif spécifique)

La théorie des coûts de transaction propose comme solution de créer des droits de propriété qui clarifient les questions hiérarchiques.

 

II] Les critiques du modèle microéconomique

  • La critique économique

Keynes et la macroéconomie :

Il estime que le modèle microéconomique n’explique pas la crise des années 30.

Ex : le chômage est volontaire, il suffit d’accepter une diminution des salaires

Keynes va proposer des nouveaux outils pour comprendre l’économie : la demande effective, la loi psychologique fondamentale, la préférence pour la liquidité, les anticipations …

Ces concepts sont à l’origine d’une nouvelle approche : la macroéconomie.

Lange et la planification :

Le modèle de la concurrence parfaite est tellement centralisé qu’il suffit de remplacer le commissaire priseur par un planificateur central.

Simon et la rationalité limitée :

Il considère que le modèle de l’homo oeconomicus omniscient et capable de gérer un nombre très élevé d’informations est irréaliste. Le comportement humain n’est pas aussi rationnel. Un individu se contente d’opter pour une solution satisfaisante.

Ex : les routines

L’économie expérimentale :

C’est le test des hypothèses économiques par des mises en situation. Vernon Smith montre d’une part que le modèle microéconomique peut être validé (convergence vers le prix d’équilibre théorique), mais que des situations de divergence sont constatées d’autre part (pour les actifs financiers notamment).

Pour Smith il faut donc établir de bonnes règles de fonctionnement des marchés en fonction des biens et des services échangés. Ex : les enchères

L’économie comportementale :

C’est un mélange d’économie et de psychologie. Dan Ariely montre par des expériences que le comportement de l’homme réel n’est pas celui des modèles microéconomiques.

Ex : préférence pour un prix élevé, aversion aux pertes

 

  • Les critiques sociologiques

Le libéralisme

Comme le modèle microéconomique montre l’efficacité de la concurrence parfaite et de l’ajustement permanent des prix ; il repose sur la liberté des échanges et la non-intervention de l’Etat (sauf en cas de défaillance du marché).

Gadrey (1981) estime que la théorie néo-classique repose sur une idéologie économique libérale qui ignore les rapports sociaux. Ex : les inégalités ou les conflits

Les limites de l’homo oeconomicus :

Faire des agents économiques des individus rationnels et calculateurs cherchant simplement à maximiser leur satisfaction et à minimiser leurs coûts n’explique pas tout le social.

Pour Laval c’est l’ignorance de la coopération et de l’éthique, pour Caillé l’ignorance du don.

La nouvelle sociologie économique :

Elle réinvestit le champ du marché et de l’économie en mobilisant les outils de la sociologie (enquêtes, entretiens …) comme l’avaient fait les fondateurs.

Granovetter montre, par exemple, l’importance des liens faibles pour trouver un emploi.

 

Conclusion :

D’une part une hétérodoxie s’est développée ; avec en parallèle un renouvellement interne de la microéconomie d’autre part, qui font avancer l’analyse économique.

Les critiques les plus vigoureuses portent surtout sur les aspects normatifs de la microéconomie. Ex : Latouche contre le développement

 

Références :

ARIELY, Dan : C’est (vraiment ?) moi qui décide, Flammarion, 2008

ARROW, Kenneth & DEBREU, Gérard : The Existence of an Equilibrium for a Competitive Economy, Econometrica, 1954

BECKER, Gary : Human capital, University of Chicago press, 1964

BECKER, Gary : The economic approach to human behavior, University of Chicago press, 1976

BECKER, Gary : Accounting for tastes, Harvard University press, 1996

BUCHANAN, James & TULLOCK, Gordon: The calculus of consent, Liberty Fund, 1962

CAHUC, Pierre : La nouvelle microéconomie, La Découverte, 1993

CAILLE, Alain : Critique de la raison utilitariste, La Découverte, 1989

GADREY, Jean : La théorie économique libérale ou néo-classique, Editions sociales, 1981

GRANOVETTER, Mark : Sociologie économique, Seuil, 2000

GUERRIEN, Bernard : La théorie des jeux, Economica, 2002

HICKS, John : Valeur et capital, Dunod, 1939

JEVONS, Stanley : Theory of political economy, VDM Verlag, 1871

KEYNES, John Maynard : Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, Payot, 1936

LANGE, Oskar : On the economic theory of socialism, McGraw, 1938

LATOUCHE, Serge : Faut-il refuser le développement ?, Puf, 1986

LAVAL, Christian : L’homme économique, Gallimard, 2007

MARSHALL, Alfred : Principes d’économie politique, Gordon & Breach, 1890

MENGER, Carl : Grundsätze der Volkswirtschaftslehre, 1871

PARETO, Vilfredo : Manuel d’économie politique, Droz, 1909

SAMUELSON, Paul : Les fondements de l’analyse économique, Dunod, 1947

SIMON, Herbert : Administration et processus de décision, Economica, 1947

SMITH, Vernon : Papers in experimental economics, Cambridge University Press, 1992

TIROLE, Jean : Théorie de l’organisation industrielle, Economica, 1988

WALRAS, Léon : Eléments d’économie politique pure, Economica, 1874

18:24 Écrit par Guillaume ARNOULD dans Economie |  Facebook | | |

29/09/2012

Introduction à la microéconomie

La microéconomie a pour ambition d’étudier le comportement d’agents économiques individuels et leurs interactions.

Les agents sont des consommateurs et des producteurs.

L’interaction de base est la rencontre d’offreurs et de demandeurs sur un marché.

La microéconomie étudie la manière dont chacun essaie d’améliorer sa position initiale, en tenant compte de la rareté des ressources.

L’outil essentiel c’est le prix, qui exprime la rareté des biens et des services.

La microéconomie permet donc deux niveaux d’analyse :

-          la compatibilité des échanges par un système de prix

-          l’équilibre des situations d’échange

C’est l’ « approche économique » popularisée par Levitt & Dubner.

Ex : incitation de l’agent immobilier qui vend sa propre maison

Q : pourquoi ce modèle fait aujourd’hui référence en sciences sociales.

 

I] Les postulats de la microéconomie

  • L’individualisme méthodologique

C’est l’analyse des comportements individuels, càd des unités économiques de base de la société, qui permet de comprendre les comportements collectifs.

Cela fournit un modèle de base simplifié qui sert de point de départ à l’analyse.

La microéconomie propose donc :

-          une théorie

-          qui repose sur des hypothèses simplificatrices

-          et utilise des concepts abstraits

Il faut donc prendre en compte la différence nécessaire entre la réalité empirique et la modélisation microéconomique.

Ex : le marché de la microéconomie et le marché des fruits et légumes

Ainsi Graddy étudie le marché aux poissons de Fulton à New York dans le but de tester la théorie microéconomique ; pas pour observer puis élaborer une théorie.

A contrario Dallery, Eloire & Melmies (2009) partent du marché de la restauration à Lille pour ensuite formuler une théorie de la formation des prix. Démarche socio-économique.

C’est un véritable problème épistémologique : on ne juge pas l’analyse sur son réalisme mais sur sa capacité à produire des résultats robustes et vérifiables empiriquement. La microéconomie suit la définition de la science énoncée par Karl Popper.

Analyse différente de celle de Thomas Kuhn pour qui les sciences reposent sur des « paradigmes », des savoirs acquis partagés qui fondent une communauté scientifique. Les paradigmes peuvent être remis en cause par des révolutions scientifiques.

Ex : Keynes dépasse les néo-classiques ; Friedman dépasse Keynes …

  • La rationalité des agents

On considère que chaque individu veut maximiser sa satisfaction (ex : le profit pour le producteur) en prenant en compte les ressources dont il dispose. C’est l’homo oeconomicus.

Cette approche est utile pour décrire les échanges car on suppose que chaque partie en retire un intérêt.

Ex : Oberholzer-Gee & Strumpf (2007) montrent que les personnes qui téléchargent le plus de musique gratuite sont également les plus gros acheteurs

Elle donne également un point de départ : être rationnel ne donne aucune information, ni aucun préjugé sur l’intelligence des agents. C’est une grille de lecture.

Ex : Lerner & Tirole (2005) montrent que l’économie des logiciels libres obéit à une rationalité, les programmeurs cherchant à utiliser cette expérience pour être mieux rémunérés sur le marché des logiciels classiques

  • La formalisation

Des individus rationnels cherchant à maximiser une situation peuvent être décrits par des fonctions de comportement mathématiques simples.

Ex : arbitrer entre deux choix

C’est la transcription des hypothèses dans un langage formalisé qui permet de proposer des modèles (et donc de les tester, de les vérifier ou de les « falsifier » dans les termes de Popper).

La microéconomie se base sur l’axiomatique : elle établit des hypothèses de base (indémontrables mais évidentes) qui servent à établir un système déductif.

  • Les aspects positifs et normatifs

Cette distinction a été posée par Milton Friedman pour opposer « ce qui est » (l’économie positive) et « ce qui doit être » (l’économie normative).

La microéconomie a une dimension positive et explicative évidente : elle cherche à mettre en équations un type de comportement économique théorique.

Mais elle a également une visée normative puisqu’elle s’appuie sur ses résultats théoriques pour faire des propositions de politique économique.

Ex : ouvrir à la concurrence le marché de la téléphonie pour réduire le prix

Ex : taxe carbone pour réduire la pollution

 

II] Les outils de la microéconomie

Les concepts forgés sont à la fois simples et significatifs.

  • Le consommateur

C’est l’agent qui cherche la meilleure manière de dépenser un budget limité.

On se base sur ses préférences en estimant qu’il peut les comparer et les classer.

Un consommateur classe ses préférences entre des biens de manière transitive, réflexive et en utilisant toute l’information disponible.

En utilisant un raisonnement à la marge, on peut formaliser les choix d’un consommateur : il va consommer le panier de biens qui lui donne la plus grande utilité dans le limite de son budget.

Ainsi la fonction de demande dépend à la fois du prix des biens et des revenus des agents.

  • Le producteur

C’est l’agent qui recherche le plus grand profit possible en tenant compte de la technologie disponible, càd une combinaison de facteurs de production.

La fonction de production dépend de la productivité des facteurs Travail et Capital ainsi que de leurs coûts.

En raisonnant à la marge, on peut déterminer la quantité produite et donc offerte. Le producteur essaye de vendre la plus grande quantité possible, au prix le plus élevé possible en cherchant à avoir les coûts les moins élevés possibles.

  • Le marché

C’est le lieu où se rencontrent les offreurs et les demandeurs et où cette confrontation débouche sur un prix d’équilibre (càd qu’il égalise l’offre et la demande).

La microéconomie a proposé un modèle idéal de fonctionnement du marché, c’est celui de la concurrence parfaite.

Kenneth Arrow & Gerard Debreu en ont formulé les conditions strictes : atomicité, transparence, fluidité et substituabilité.

 

Conclusion :

Le modèle microéconomique est simple et efficace.

Il fait pourtant l’objet de débats de fond (voir prochaine séance).

 

Références :

ARROW, Kenneth & DEBREU, Gérard : The Existence of an Equilibrium for a Competitive Economy, Econometrica, 1954

DALLERY, Thomas ; ELOIRE, Fabien & MELMIES, Jordan : La fixation des prix en situation d'incertitude et de concurrence: Keynes et White à la même table, Revue Française de Socio-Economie, 2009

FRIEDMAN, Milton : Essais d’économie positive, Litec, 1953

GRADDY, Kathryn : Markets: The Fulton fish market, Journal of Economic Perspectives, 2006

KUHN, Thomas : La structure des révolutions scientifiques, Gallimard, 1962

LERNER, Josh & TIROLE, Jean : The economics of technology sharing, Journal of Economic Perspectives, 2005

LEVITT, Steven & DUBNER, Stephen : Freakonomics, Denoël, 2005

LEVITT, Steven & DUBNER, Stephen : SuperFreakonomics, Denoël, 2009

OBERHOLZER-GEE, Felix & STRUMPF, Koleman :  The Effect of File Sharing on Record Sales: An empirical analysis, Journal of Political Economy, 2007

POPPER, Karl : La logique de la découverte scientifique, Payot, 1959

18:22 Écrit par Guillaume ARNOULD dans Economie |  Facebook | | |

26/09/2012

La géographie ça sert d'abord à faire la guerre

Titre bien connu du géographe Yves Lacoste, cherchant à bousculer à la fois ses collègues et les tenants d'une approche "scientiste" des sciences sociales réduisant la géographie à une vision purement descriptive. Or le territoire, l'espace sont comme bien d'autres domaines un enjeu de pouvoirs !

Fort heureusement la géographie ce n'est pas que ça, et c'est une science sociale dont la qualité de production est assez impressionnante, que l'on pense à la géographie des prisons, la géographie du développement durable, la géographie urbaine ...

Comme les éditions La Découverte ont pris l'heureuse initiative de rééditer l'ouvrage de 1976, il peut être utile de s'intéresser à l'approche originale de l'auteur. Fondateur d'une géopolitique à la française et animateur de la revue Hérodote, Lacoste a contribué à renouveller une discipline discréditée par ses conséquences politiques (les totalitarismes comme les impérialismes découlant d'une vision stratégique géopolitique).

Volontiers polémiste, mais restant un producteur d'idées passionnantes à débattre, vous pouvez en connaître plus par là :

La géographie des conflits

 

La question postcoloniale


Yves Lacoste -- Les Matins par franceculture

A lire : La géographie ça sert d'abord à faire la guerre, La Découverte et La géopolitique et le géographe Entretiens avec Pascal Loriot, Choiseul

21:06 Écrit par Guillaume ARNOULD dans Géopolitique |  Facebook | | |