18/03/2012

Economie industrielle

 

Approche historique de l’économie industrielle, Bain (1959) : la performance d’une industrie dépend de la conduite des entreprises du secteur ; qui dépend elle-même de la structure du marché.

Approche moderne de l’économie industrielle, Stigler (1968) : utilise les outils microéconomiques classiques ; Tirole (1988) : utilise les outils de la nouvelle microéconomie.


I] le monopole

• La notion de monopole

C’est un marché où il y a un seul vendeur et de nombreux acheteurs : le monopole peut fixer un prix supérieur au coût marginal sans perdre de clients.

Situation qui a plusieurs origines :

- technologie

- réglementation

- possession d’un facteur rare

- propriété industrielle

Le monopole naturel est un cas particulier : il existe une échelle de production efficace en raison de la technologie existante (coûts fixes importants et coûts marginaux faibles) qui implique qu’une seule entreprise a intérêt à produire. Ex : économies d’échelle.

• Le comportement du monopole

Il cherche à maximiser son profit. Il peut fixer un prix supérieur au coût marginal qui augmente sa recette : c’est le surprofit.

Il y a donc une perte de surplus social et un contrôle des coûts moins strict. Le risque principal est surtout que le monopole cherche à conserver cette situation de rente en engageant des dépenses. Ex : groupes de pression, barrières à l’entrée …

Pour Schumpeter (1911) le pouvoir de monopole est la condition nécessaire à l’investissement dans la recherche et développement : l’entreprise veut obtenir une rente d’innovation.

Selon Spence (1975) comme les consommateurs ne peuvent connaître les caractéristiques du produit qu’après l’achat (biens d’expérience), il existe une asymétrie d’information.

 

 

 

II] L’oligopole

C’est un marché où il y a un petit nombre de vendeurs et de nombreux acheteurs : la concurrence peut se faire par les prix, les coûts, la qualité, la publicité, l’innovation …

• Modèles statiques

Les entreprises ne se rencontrent qu’une seule fois.

- la concurrence par les prix : Bertrand (1883) si les entreprises fixent leurs prix de manière simultanée et non coopérative, on débouche sur le même résultat que la concurrence pure et parfaite

- la concurrence par les quantités : Cournot (1838) chaque entreprise fixe ses quantités en fonction de l’offre de l’autre. A l’équilibre la production est supérieure à celle du monopole mais inférieure à celle de la concurrence parfaite

- la concurrence séquentielle : Stackelberg (1934) une entreprise est soit leader en quantité, comme elle décide avant les autres elle capte une plus grande part de la production ; soit leader en prix, les suiveurs produisent au coût marginal elle capte la demande résiduelle au prix du marché.

• Modèles dynamiques et coopératifs

Ils étudient des interactions répétées et reposent en général sur la théorie des jeux.

- modèles dynamiques : en situation d’interaction répétées il y a intérêt à la collusion (s’entendre sur un prix de marché). Plusieurs équilibres sont possibles : coopérer tant que les autres coopèrent (trigger strategies), se forger une réputation auprès des autres

- modèles coopératifs : les entreprises qui s’entendent sur un marché ont intérêt à dévier pour capter une partie de la demande non-servie.


III] la différenciation

• Les politiques de prix

Pour que la situation de monopole soit Pareto-optimale, l’entreprise peut pratiquer la discrimination tarifaire (il existe trois degrés) :

- au premier degré : le monopoleur vend différentes unités d’ « output » à des prix différents selon les personnes (mais difficile de connaître toutes les préférences)

- au deuxième degré : les personnes qui achètent la même quantité payent le même prix

- au troisième degré : le monopoleur vend des « output » à des prix différents qui lui permettent de connaître les préférences des consommateurs

Ex : cartes de fidélité, forfaits, ventes liées …

 

• La différenciation des produits

Cela suppose que les consommateurs ont des goûts différents.

- la concurrence monopolistique : Chamberlin (1933) les entreprises offrent des biens qui ne sont pas parfaitement substituables. La demande dépend de la taille du marché et de la quantité produite. Plus il y a d’entreprises, plus les biens sont variés et plus l’utilité des consommateurs augmente.

- la diversité des produits : Spence (1976) Dixit & Stiglitz (1977) le progrès technique augmente la quantité de biens offerte. Dans ce cas également la probabilité de satisfaire le consommateur augmente. Cela permet à des entreprises de capter de nouveaux clients.


Références :

BAIN, Joe : Industrial Organization, Wiley, 1959

BERTRAND, Joseph : Revue de "Recherches sur les principes mathématiques de la théorie des richesses", de Cournot, Journal des savants, 1883

CHAMBERLIN, Edward : La théorie de la concurrence monopolistique, Puf, 1933

COURNOT, Augustin : Recherches sur les principes mathématiques de la théorie des richesses, Dunod, 2001

DIXIT, Avinash & STIGLITZ, Joseph : Monopolistic competition and optimum product diversity, American Economic Review, 1977

SCHUMPETER, Joseph : Théorie de l’évolution économique, Dalloz, 1911

SPENCE, Michael : Monopoly Quality and Regulation, Bell Journal of Economics, 1975

SPENCE, Michael : Product Selection, Fixed Costs, and Monopolistic Competition, Review of Economic Studies, 1976

STACKELBERG, Heinrich Von : Marktform und gleichgewicht, Julius Springer, 1934

STIGLER, George : The organization of industry, University of Chicago Press, 1968

TIROLE, Jean : Théorie de l’organisation industrielle, Economica, 1988

 

 

23:22 Écrit par Guillaume ARNOULD dans Economie |  Facebook | | |

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