03/01/2012

Analyse financière du résultat

L’analyse des comptes consolidés permet d’étudier plusieurs points spécifiques :

-          Le chiffre d’affaires à l’intérieur d’un groupe est différent de celui des entités séparées

-          Les relations financières entre sociétés du groupe sont clarifiées par la consolidation

-          L’évaluation des risques met en valeur l’importance du groupe (garantie, répartition …)

-          La structure financière des entités peut s’expliquer par la politique du groupe (crédits fournisseur, avances de trésorerie …)

Les variations du périmètre de consolidation doivent être analysées :

-          De manière statique : on met en valeur le nombre de sociétés dans le groupe, leur localisation géographique et le niveau de contrôle (pourcentage d’intérêt)

-         Les modalités juridiques : circonstances d’une entrée dans le groupe : activité inexistante, complémentarité, création d’une entité, rachat …Circonstances d’une sortie du groupe : cession, modification du capital, procédures collectives, réorganisation juridique …

-          Variations du pourcentage d’intérêt : renforcement dans le groupe ou désengagement qui exprime la stratégie du groupe : diversification, croissance externe, recentrage, synergies …

 

I] Analyse de l’activité

Etude de l’évolution du chiffre d’affaires.

  • Reconnaissance du chiffre d’affaires
Le transfert des risques et avantages : les ventes ne sont comptabilisées que lorsque l’entreprise a transféré les risques liés à la propriété du bien à l’acheteur (ex : les biens peuvent nécessiter une installation ; certaines clauses permettent d’annuler le contrat)

Les échanges de produits : ils font l’objet d’une compensation pour des biens semblables ; ils doivent être valorisés à leur juste valeur, en produits et charges sans être compensés pour des biens différents

Le chiffre d’affaires net : on déduit du CA plusieurs éléments pour isoler ce qui est réellement facturé

o   Les frais de transport sur vente

o   Les escomptes pour paiement anticipé (= remise commerciale)

o   Les marges arrières (= participation commerciale)

o   Les commissions versées à des apporteurs d’affaires


  • Etude de l'activité

·       On résume l’analyse de l’activité en trois grandes questions :

-          Localiser les évolutions du chiffre d’affaires

-          Expliquer les évolutions du chiffre d’affaires : prix, volume, change ou variation périmètre

-          Comparer les évolutions du chiffre d’affaires par rapport aux concurrents

 

II] Analyse de la rentabilité

  • Rentabilité économique (Return On Assets)

Elle découle des capitaux investis par le groupe dans ses différentes activités : elle est donc liée à sa stratégie de croissance externe.

Rentabilité de l’actif total = résultat consolidé / actif total

Rentabilité des capitaux d’exploitation = résultat opérationnel / actifs productifs nets

La rentabilité économique découle de la profitabilité et de la rotation des actifs :

ROA = résultat opérationnel / (immobilisations + BFR) Capitaux investis

ROA = (résultat opérationnel / chiffre d’affaires) X (chiffre d’affaires / immobilisations + BFR)

·        

  • Rentabilité financière (Return On Equity)

Elle découle des capitaux propres dont dispose le groupe.

Rentabilité financière = résultat net consolidé / capitaux propres part groupe et intérêts minoritaires de début d’exercice

Rentabilité financière part du groupe = résultat net part du groupe / capitaux propres part du groupe de début d’exercice

Rentabilité financière part des minoritaires = résultat net part des minoritaires / capitaux propres part des minoritaires de début d’exercice

Rentabilité financière des entités associées = quote-part de résultat des entités mises en équivalence / titres mis en équivalence en début d’exercice

Pour améliorer la rentabilité financière, il existe trois grands moyens d’action :

- améliorer la rentabilité économique par des projets d’investissement à forte rentabilité

- modifier la structure financière en rendant les excédents de trésorerie aux actionnaires

- faire jouer l’effet de levier en empruntant pour financer des investissements rentables

 

III] Analyse des flux de trésorerie

Etude de la trésorerie cumulée de l’entité, tenant compte des cycles activité / investissement / financement

  • Flux de trésorerie des activités opérationnelles

Méthode directe :

Encaissements clients TTC

- Décaissements fournisseurs TTC

- Décaissements liés à la rémunération du personnel

- Décaissements d’intérêt

- Décaissements d’impôts

= Flux de trésorerie des activités opérationnelles

 

Méthode indirecte :

Résultat avant éléments financiers et impôts

Elimination des produits et charges sans incidence sur la trésorerie

+ Dotations aux amortissements, pertes de valeur, dotations aux provisions pour dépréciation des immobilisations et pour risques et charges nettes de reprise

- Quote-part de subvention d’investissement virée au compte de résultat

- Plus-value de cession des immobilisations

+ Moins-value de cession des immobilisations

Incidence des décalages de paiement (variation du BFR)

Augmentation/diminution des créances clients

Augmentation/diminution des stocks

Augmentation/diminution des autres actifs courants d’exploitation

Augmentation/diminution des dettes fournisseurs

Augmentation/diminution des autres dettes d’exploitation

- Intérêts payés

- Impôts sur le résultat payés

= Flux de trésorerie des activités opérationnelles

 

  • Flux de trésorerie de l’investissement

- Acquisition d’immobilisations corporelles

- Acquisition d’immobilisations incorporelles

- Acquisition de filiales (sous déduction de la trésorerie acquise)

- Acquisition d’autres participations

+ Cession d’immobilisations corporelles

+ Cession d’immobilisations incorporelles

+ Vente de filiales (sous déduction de la trésorerie cédée)

+ Cession d’autres participations

+ intérêts et dividendes perçus

= Flux de trésorerie des activités d’investissement

 

  • Flux de trésorerie du financement

+ Augmentation de capital en numéraire

+ Nouveaux emprunts à moyen ou long terme (LMT)

- Paiement de dividendes

- Rachat d’actions

- Remboursement des emprunts LMT

+/- Variation des crédits de trésorerie

= Flux de trésorerie des activités de financement

Encours de crédit à court terme sont considérés comme des flux de trésorerie de financement

Pas de distinction entre long, moyen et court terme pour les emprunts sur les marchés financiers

+/- Incidence de la variation du cours des devises

= Variation de la trésorerie (et des équivalents de trésorerie)

Trésorerie et équivalents de trésorerie en début d’exercice

Trésorerie et équivalents de trésorerie en fin d’exercice

 

Le flux de trésorerie opérationnel montre la capacité à générer durablement un excédent de trésorerie d’exploitation (il faut tenir compte de la croissance de l’activité, de l’évolution de la profitabilité et de la gestion du BFR ou de la MBA).

L’effort d’investissement permet d’étudier la politique d’acquisition, les variations de périmètre ou la politique de recherche et développement.

La politique financière décrit les flux entre le groupe et ses apporteurs de fonds (actionnaires et prêteurs) : elle permet d’analyser la couverture des emprunts, l’autofinancement, la politique de dividendes, les transferts financiers provenant de la société mère …

 

Conclusion : Analyse de la profitabilité

Repose sur plusieurs indicateurs :

-          les Soldes Intermédiaires de Gestion (SIG)

-          la capacité d’autofinancement (CAF)

-          la marge brute d’autofinancement (MBA)

-          l’EBITDA (Earnings Before Interest Taxes Depreciation and Amortization)

 

Référence :

BACHY, Bruno & SION, Michel : Analyse financière des comptes consolidés, Dunod, 2ème édition,  2009

22:28 Écrit par Guillaume ARNOULD dans Finance |  Facebook | | |

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